Dans les formations et l’accompagnement que j’offre, je parle souvent des risques de voir un jour circuler sur les médias sociaux, une publication négative sur soi ou son organisation.
Une publication qui peut sembler anodine pour l’auteur peut rapidement devenir néfaste pour la personne ou l’organisation visée : atteinte à la réputation, cyberharcèlement, détresse humaine.
Partager sur les médias sociaux est devenu un réflexe, souvent sans prendre le temps de mesurer les conséquences.
Pour certains, c’est même perçu comme un droit légitime.
Parfois même comme un devoir, que ce soit pour dénoncer ou revendiquer.
Et souvent, ce qui se cache derrière cela est le désir d’attirer l’attention et d’entrer en contact avec d’autres.
Quand le regard public devient intrusif, brutal et durable
L’horreur s’est encore montrée, lors d’une situation profondément troublante en Suisse, à Crans-Montana, où des personnes, à l’intérieur comme à l’extérieur, filmaient un incendie mortel, alors que des gens perdaient la vie à quelques mètres d’eux.
C’est une situation perturbante, criante et malheureusement pas isolée.
Ces images, comme bien d’autres, rappellent à quel point le regard public peut être intrusif, brutal et surtout durable.
Une exposition qui laisse des traces, parfois pour toute une vie
Tout récemment, j’ai lu un entretien que Monica Lewinsky a accordé à Vanity Fair, dans lequel elle expose le poids d’une vie encore aujourd’hui lourde et hypothéquée par des événements devenus publics alors qu’elle n’avait que le début de la vingtaine, et qui trouvent encore écho sur les réseaux sociaux.
La dépersonnalisation de l’autre: un glissement préoccupant
Cette dépersonnalisation m’inquiète.
Parce qu’elle nous éloigne de l’humain.
Et banalise la souffrance de l’autre.
Ramener de l’humanité grâce à des repères simples
En ce début d’année, j’ai donc envie de partager avec vous un outil simple, mais essentiel.
Un outil qui guide mes réflexions et dont je parle souvent en conférence.
Même après des années d’expérience, je m’y réfère encore.
Parce que nous sommes humains.
Même si certains cas semblent évidents, d’autres ne le sont pas.
Surtout pour certaines situations qui donnent envie de commenter ou partager, même quand ce ne serait pas la chose la plus juste à faire.
Les trois passoires de Socrate: réfléchir avant de publier
Cet outil, ce sont les trois passoires de Socrate, trois questions à se poser avant de publier:
– Est-ce vrai ?
– Est-ce positif ?
– Est-ce utile ?
Chaque mot compte: une responsabilité humaine
Pour ma part, je crois profondément que chaque mot, chaque commentaire publié a un impact.
Derrière les écrans, il y a des humains. Des vies personnelles, des réputations professionnelles, des équilibres parfois fragiles.
Être responsable sur les médias sociaux, ce n’est pas se taire.
C’est être conscient de ce que l’on écrit et de ce que l’on amplifie.
Se doter de repères, comme les trois passoires de Socrate, permet justement de ramener de l’humanité dans nos interactions numériques, avant qu’un mot, une publication ou un partage ne cause plus de tort que de bien.